Élections de l'Ordre : dix candidats ont répondu à nos questions

Sondage

Avec l'UPA-BUA et l'AABW – Maison des Architectes, nous avons interrogé les candidats au conseil BCBW. Leurs réponses sont publiées pour voter en connaissance de cause.

Début octobre, l’ARiB a soumis un questionnaire aux candidats au Conseil de l’Ordre des architectes de Bruxelles-Capitale et du Brabant wallon (BCBW). L’objectif : permettre à chaque architecte appelé à voter de connaître les positions des candidats. Dix d’entre eux ont répondu avant la date limite.

Merci aux candidats qui se sont prêtés à l’exercice. Leurs réponses sont publiées telles qu’ils nous les ont envoyées, sans aucune modification. Elles sont classées par question, puis par candidat dans l’ordre alphabétique : cliquez sur une question pour lire les réponses.

Ont répondu : John Calff, Antoine Chaudemanche, Sébastien Coppens, Jean-Louis de Schaetzen van Brienen, Philippe Henkart, Roland Lemaen, Boris Papeians, Béatrice Parré, Vincent Pierret et Inês Reis.

Le vote s’est clôturé le 15 octobre 2026. Vincent Pierret, administrateur de l’ARiB, est arrivé en tête : lire l’article.

Onze questions à tous les candidats

1. Modernisation de l’Ordre

L’Ordre doit-il être réformé ? Si oui, quels sont pour vous les changements prioritaires ?

John Calff

Par modernisation, j'entends comme condition dominante une ouverture d'esprit aux multiples aspects de la profession et une aptitude à l'analyse des sujets qui découlent de celle-ci.

Antoine Chaudemanche

D’après l’actualité législative et l’approbation en juillet d’un projet de texte de loi de E. Simonet, il me semble que la question n’est pas de savoir s’il doit être réformé, il va l’être, et donc il faut peser pour que ce soit dans le sens des intentions préalables, il y en a 4 il me semble, certainement à compléter, et préciser. Or de l’intention à la réalisation se loge le risque.

Sébastien Coppens

Oui. À mes yeux, la modernisation de l’Ordre ne doit pas uniquement consister à simplifier son fonctionnement interne ou ses démarches administratives. L’Ordre impose légitimement un cadre déontologique exigeant aux architectes. En contrepartie, il devrait aussi porter beaucoup plus fortement leur voix auprès des pouvoirs publics et des différentes instances qui encadrent aujourd’hui l’acte de bâtir. La réglementation liée aux permis, à l’urbanisme, à l’énergie, à l’environnement ou encore à la sécurité se complexifie continuellement, avec un nombre croissant d’intervenants et d’administrations. Cette évolution peut parfois conduire à des procédures lourdes, peu lisibles, voire à des exigences qui manquent de cohérence entre elles. Dans ce contexte, il me paraît essentiel que l’Ordre puisse faire entendre davantage l’expérience concrète des architectes de terrain. Non pas pour s’opposer à la réglementation, mais pour contribuer à son élaboration avec un souci de cohérence, de simplicité et d’efficacité pratique. L’architecte est souvent au centre de ces différentes contraintes et doit en assurer la synthèse pour rendre un projet réalisable. Cette expérience lui donne une vision transversale qui devrait être davantage prise en compte dans les évolutions réglementaires. Moderniser l’Ordre, c’est donc selon moi en faire une institution plus simple et plus accessible pour ses membres, mais également plus présente, plus visible et plus influente dans la défense de la profession et dans la construction d’un cadre réglementaire cohérent et réellement applicable.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

oui, outre ses prérogatives actuelles, l'OA doit défendre les architectes

Philippe Henkart

N'étant pas un vieux briscard de l’Ordre , j'avoue que je ne m'y intéresse que depuis peu . Je n’en connais pas vraiment le fonctionnement et commencerai par une bonne analyse pour voir ce qui peut être reformé facilement/rapidement et ce qui nécessitera un laborieux travail de mise en place de commun accord avec mes confères.

Roland Lemaen

Une plus grande unité entre l'Ordre, les conseils provinciaux et les associations.

Boris Papeians

L’Ordre doit se positionner sur la pluralité des métiers de l’architecture. L’architecte-bâtisseur seul ne peut plus être le noyaux autour duquel il gravite. Le rôle de l’Ordre doit rester en lien avec le monde professionnel, avec des partenariats académiques pour la formation des stagiaires et la formation des architectes.

Béatrice Parré

Oui. L’Ordre doit devenir plus utile, plus agile et plus influent : écouter le terrain, fédérer autour d’objectifs communs, fournir des outils concrets et porter des positions fortes auprès des décideurs. Une réforme réussie doit se mesurer à ses résultats : moins de complexité, plus de cohérence et une meilleure reconnaissance de notre métier.

Vincent Pierret

Oui. Pour un Ordre plus transparent, plus utile et plus proche de la pratique : clarifier ses missions et ses limites, rendre compte de l’utilisation de ses moyens, offrir des services concrets aux architectes et mieux défendre collectivement la profession.

Inês Reis

Je ne crois pas à la "réforme" comme slogan ou rupture permanente. L’Ordre a déjà engagé une transformation importante. Plutôt que de tout recommencer, poursuivons ce travail et améliorions-le, avec bon sens et détermination, pour construire un Ordre contemporain, solide et vraiment utile aux architectes.

2. Proximité

Quelles missions doivent rester au niveau local (provincial par exemple) et lesquelles pourraient être mutualisées ou centralisées (CFGOA par exemple) ?

John Calff

Au niveau local : les missions de gestion et d'échange sur les thèmes les plus courants. Au niveau supérieur : les missions sur lesquelles se fondent les règles de déontologie et les grandes orientations.

Antoine Chaudemanche

Je n’ai pas de position sur cette question, mais voilà certainement un point qui pourrait être débattu, il me semble cependant qu’il y a peu de missions qui soient en doublons, ou qui gagneraient à une centralisation. Mais je rate peut- être une subtilité qu’il me reste à découvrir ?

Sébastien Coppens

Je m’interroge sur la pertinence de conserver la province comme échelon principal d’organisation. Historiquement, cette organisation répondait sans doute à un besoin de proximité. Mais aujourd’hui, une grande partie des démarches peut être réalisée numériquement et les architectes exercent très fréquemment au-delà des limites de leur province. Un architecte établi à Bruxelles peut parfaitement suivre des projets à Namur, dans le Brabant wallon ou ailleurs sans que la frontière provinciale ait une réelle incidence sur sa pratique. Certaines missions de proximité doivent évidemment être conservées, notamment l’accompagnement des stagiaires, les conciliations ou la possibilité d’avoir facilement un interlocuteur au sein de l’Ordre. Mais cette proximité ne nécessite pas nécessairement une structure institutionnelle complète dans chaque province. À l’inverse, de nombreuses matières qui influencent directement notre profession — urbanisme, énergie, environnement, logement — sont organisées au niveau régional. Il me semblerait dès lors plus cohérent de renforcer cet échelon, tant pour mutualiser les moyens que pour permettre à l’Ordre de disposer d’une voix plus forte face aux autorités qui élaborent ces réglementations. La proximité doit donc, selon moi, être maintenue comme un service offert aux architectes, mais pas nécessairement comme un niveau administratif en soi.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

contrôles de stage au niveau local, autres missions au CfgOA, sauf le BCBW (là où il y a le plus d'architectes) qui garderait toutes ses prérogatives

Philippe Henkart

Comme nous vivons dans une Belgique régionalisée, je pense que c'est au niveau REGIONAL que la quasi totalité des missions doivent être gérées. Le CFGOA n'est il pas une coquille vide au niveau des missions de proximité ?

Roland Lemaen

Au niveau local, l'assistance et les conseils aux architectes sont importants. Les autres missions pourraient être centralisées.

Boris Papeians

Il ne me semble pas forcément judicieux de mutualiser les compétences et missions des Conseils Provinciaux. Ma connaissance du système n’est néanmoins pas suffisante pour avoir un avis éclairé sur le sujet.

Béatrice Parré

Je garderais au niveau local ce qui exige proximité et connaissance du terrain : écoute, stage, médiation et dialogue avec les administrations. Je mutualiserais au Cfg-OA ce qui gagne en expertise et en force : juridique, outils, données, fonctions support et représentation. Le local capte les réalités ; le Cfg-OA les transforme en capacité d’action.

Vincent Pierret

Le niveau local doit rester celui de la proximité : écoute, accompagnement et connaissance du terrain. Ce qui peut être fait plus efficacement ensemble — outils, expertise, communication et représentation politique — devrait être mutualisé au CFGOA.

Inês Reis

L’accueil, le stage, l’écoute et l’accompagnement déontologique doivent rester au plus près des architectes, là où leurs questions et difficultés se vivent au quotidien. Mutualisons les outils juridiques, numériques et administratifs lorsque cela apporte un vrai bénéfice, sans jamais perdre le lien humain ni la proximité.

3. Gouvernance

Pensez-vous que les grandes orientations de l’Ordre devraient être débattues au CFGOA après consultation des Conseils provinciaux et des associations professionnelles ?

John Calff

Oui. C'est d'ailleurs dans cet esprit qu'il a été répondu à la question de "Proximité" ci-avant.

Antoine Chaudemanche

Oui. Et chacun dans son rôle : les syndicats d’architecte (pardon si je reprends un terme français plutôt qu’« associations professionnelles ») portent les intérêts de la profession, les conseils provinciaux la réalité du terrain, et le CFGOA arbitre au regard de l'intérêt public.

Sébastien Coppens

Oui. Les grandes orientations de l’Ordre devraient pouvoir être débattues au niveau du CFGOA, mais après une consultation réelle des Conseils provinciaux, des associations professionnelles et, lorsque les sujets le justifient, directement des architectes. Le CFGOA me paraît être le niveau pertinent pour dégager des positions communes et donner davantage de poids à la profession. Cette centralisation du débat ne doit toutefois pas conduire à une gouvernance déconnectée de la pratique quotidienne. Les Conseils provinciaux disposent d’une expérience concrète des problématiques rencontrées par les architectes, tandis que les associations professionnelles peuvent apporter une expertise complémentaire et représenter différentes réalités de la profession. L’objectif devrait donc être de disposer d’un processus clair : consulter largement, faire remonter les réalités du terrain, débattre au niveau du CFGOA et ensuite adopter une position suffisamment forte et lisible pour être défendue auprès des pouvoirs publics. Il me semble également important que les architectes soient mieux informés des sujets débattus, des positions prises et des raisons qui ont conduit à ces décisions. Une gouvernance moderne doit aussi être une gouvernance plus transparente et plus participative.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

oui

Philippe Henkart

C'est bien selon moi la seule utilité du CFGOA.

Roland Lemaen

Tout à fait, afin de créer une unité entre l'Ordre, les conseils provinciaux et les associations avec comme orientations principales : la défense des architectes et la qualité de l'architecture.

Boris Papeians

Les grandes orientations de l’Ordre nécessitent d’être étudiées et composées de manière bilatérale. Les Conseils et associations peuvent proposer des pistes et l’Ordre de les prendre en considération, et inversement. Celles-ci doivent alors s’inscrire dans une réflexion plus large, menée par les différents GT concernés.

Béatrice Parré

Oui. Les Conseils provinciaux doivent faire remonter les réalités du terrain et les associations apporter leur expertise. Au Cfg-OA ensuite de croiser ces contributions, dégager une position commune et l’assumer. Consulter ne signifie pas rechercher l’unanimité : il faut écouter largement, décider clairement et parler d’une voix forte.

Vincent Pierret

Oui. Les grandes orientations doivent être débattues au CFGOA, mais nourries par les réalités du terrain. Conseils provinciaux et associations professionnelles doivent être consultés en amont. Décloisonner l’Ordre, c’est aussi faire davantage dialoguer ces acteurs.

Inês Reis

Oui. Les orientations nationales doivent être préparées avec les Conseils provinciaux et nourries par une consultation des architectes et associations. Le CFGOA doit décider sur une base documentée, en rendant publics les arbitrages et leurs motivations.

4. Transparence des décisions

Pensez-vous que les décisions importantes de l’Ordre doivent être transparentes, compréhensibles et facilement traçables ?

John Calff

C'est la condition essentielle du bon fonctionnement.

Antoine Chaudemanche

Est-ce une question rhétorique ? Mais oui, évidemment, et même pouvoir tracer les avis des membres de l’Ordre sur les votes de certaines décisions, pour savoir qui a défendu quelle position. La transparence est consubstantielle à un fonctionnement démocratique.

Sébastien Coppens

Oui. Les décisions importantes de l’Ordre doivent être transparentes, compréhensibles et facilement traçables.

Les architectes doivent pouvoir savoir quelles décisions ont été prises, par qui, sur quelle base et avec quels objectifs. Cette transparence est essentielle pour renforcer la confiance dans l’institution et éviter que certaines orientations soient perçues comme éloignées des réalités de terrain. Cela suppose une communication claire, accessible et synthétique, mais aussi la possibilité de retrouver facilement les décisions importantes, les avis rendus et les principales orientations prises. La transparence ne signifie évidemment pas que tout doit être rendu public, notamment lorsqu’il s’agit de dossiers individuels ou disciplinaires. Mais pour les décisions de portée générale, les positions institutionnelles et les orientations qui concernent l’ensemble de la profession, la règle devrait être celle de la lisibilité et de la traçabilité.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

oui et les mandataires suppléants devraient avoir le même accès aux infos que les effectifs (surtout au BCBW où les suppléants sont très actifs)

Philippe Henkart

C'est une question très étonnante . Je pense que TOUTES les décisions doivent être transparentes, compréhensibles et facilement traçables.

Roland Lemaen

Oui tout à fait, afin que l'information puisse circuler clairement parmi tous les membres.

Boris Papeians

Oui, la transparence est essentielle pour garder la confiance des membres. Comprendre l’Ordre et ses décisions permettra aux architectes de correctement se faire une idée sur celui-ci.

Béatrice Parré

Oui. Pour chaque décision importante, les architectes doivent pouvoir savoir ce qui a été décidé, pourquoi, avec quels moyens et quels résultats. La transparence doit toutefois rester utile et proportionnée : rendre compte clairement sans exposer les dossiers confidentiels ni créer une nouvelle bureaucratie. La transparence doit servir la confiance, pas le reporting.

Vincent Pierret

Oui. La transparence est indispensable à la confiance. Les décisions importantes doivent être accessibles, compréhensibles et motivées. Les architectes doivent pouvoir savoir ce qui est décidé en leur nom, pourquoi et avec quels moyens.

Inês Reis

Oui, sans ambiguïté. La transparence est une condition de confiance ; elle protège aussi les mandataires et renforce la légitimité de l’Ordre.

5. Cotisations et moyens

Comment utiliser correctement les moyens disponibles par rapport aux missions légales de l’Ordre et quelles informations financières devraient être accessibles aux architectes ?

John Calff

Il s'agit selon moi de questions à débattre en collège cas par cas.

Antoine Chaudemanche

Le projet de juillet 2026 prévoit la transparence des activités et des données financières de l’Ordre. Le site internet donne des informations, mais un rapport plus complet pourrait être rendu pour savoir mettre plus étroitement en relation les actions, 71% sont aujourd’hui rattachés à des frais de personnel et de mandataire, ce n’est pas choquant si le rapport annuel explique cette proportion.

Sébastien Coppens

Les moyens de l’Ordre doivent avant tout être utilisés de manière cohérente avec ses missions légales et avec une recherche permanente d’efficacité. Cela implique, selon moi, de distinguer clairement les dépenses nécessaires à l’exercice de ces missions de celles liées au fonctionnement administratif, aux outils, à la communication ou à des projets particuliers. La mutualisation de certaines fonctions peut également permettre d’éviter les doublons entre les différents niveaux de l’Ordre et de consacrer davantage de moyens aux missions qui apportent une réelle valeur aux architectes et à la profession. En contrepartie de la cotisation demandée à chaque architecte, une information financière claire devrait être facilement accessible : budget annuel, comptes approuvés, évolution des principales dépenses, réserves disponibles et répartition des moyens par grandes missions. L’objectif n’est pas de publier une comptabilité illisible, mais de permettre à chacun de comprendre simplement comment les cotisations sont utilisées et quelles sont les priorités budgétaires de l’institution. Cette transparence financière me paraît également indispensable lorsqu’il s’agit de décider de nouvelles dépenses ou de nouveaux projets : leur coût, leur objectif et leur utilité pour les missions de l’Ordre devraient pouvoir être clairement expliqués.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

inventaire des actifs (dont le produit de la vente de la rue de Livourne). l'OA est à considérer comme une ASBL, l'argent devrait être disponible pour ses activités et non pas être capitalisé comme actuellement

Philippe Henkart

C'est une question très étonnante . Je pense que TOUTES les informatisons financières devraient être accessibles aux architectes. La cotisation est une taxe obligatoire pour nous permettre d'exercer notre métier. Il s'agit de notre argent. L'Ordre a des obligations légales qu'il faut assumer , mais dans la mesure du possible je trouve que tous les architectes devraient pouvoir donner leur avis sur l’utilisation de ce budget . Méthode à trouver.

Roland Lemaen

Les moyens et les dépenses de l'Ordre devraient être transparents et accessibles aux architectes.

Boris Papeians

Une meilleure compréhension du rôle de l’architecte permettrait de mieux valoriser notre travail et situation financière individuelle. Il semble que communiquer dans la presse sur les rôles et limites du travail de l’architecte serait un bon usage des moyens mis à disposition de l’ordre via nos cotisations. Les budgets de l’Ordre sont disponibles dans les rapports annuels, sur son site.

Béatrice Parré

Les cotisations étant obligatoires, leur utilisation doit être exemplaire. Budget, comptes, coûts de fonctionnement, mandataires, personnel, investissements et réserves doivent être lisibles. Mais la transparence ne suffit pas : chaque dépense importante devrait pouvoir être reliée à un objectif et à un résultat. La vraie question : quelle valeur apporte-t- elle à la profession ?

Vincent Pierret

Les moyens de l’Ordre doivent prioritairement servir ses missions légales et apporter une réelle valeur aux architectes. Budget, comptes, principales dépenses et rémunérations liées aux mandats doivent être présentés de manière simple et accessible aux membres.

Inês Reis

C’est l’un des objectifs de ma candidature : offrir aux architectes un soutien juridique concret, pour les accompagner dans l’exercice de leur métier, et pas seulement dans sa gestion administrative.

6. Éthique des mandataires

Faut-il adopter une charte éthique des mandataires de l’Ordre précisant notamment les règles d’indépendance, de conflits d’intérêts, de collégialité, de devoir de réserve, de disponibilité, de cumul de fonctions, d’utilisation des moyens de l’Ordre, … ?

John Calff

Non, car l'éthique des membres devrait être une base inconditionnelle.

Antoine Chaudemanche

Les mandataires répondent il me semble à la déontologie professionnelle, il y a des articles aussi dans la loi de 1963 qui complètent et précisent aussi les questions de conflits d’intérêts et devoir de réserve. Il ne faut rajouter une charte que si certains mandataires choisis n’étaient pas soumis à la déontologie. Donc ce point me semble redondant, mais on doit en discuter.

Sébastien Coppens

Oui. Les mandataires de l’Ordre exercent une responsabilité particulière et doivent, à ce titre, être soumis à des règles claires et identiques pour tous. Une charte éthique me paraît utile pour préciser notamment les principes d’indépendance, de collégialité, de devoir de réserve, de disponibilité, de cumul de fonctions et d’utilisation des moyens de l’Ordre. Elle devrait également prévoir qu’un mandataire se retire d’une discussion ou d’une décision lorsqu’il est personnellement ou professionnellement directement concerné par le dossier. L’objectif ne doit pas être d’ajouter une réglementation supplémentaire, mais de disposer d’un cadre simple, concret et transparent qui protège à la fois les mandataires et la confiance des architectes dans l’institution. Les exigences déontologiques imposées aux architectes doivent naturellement aussi se retrouver dans le fonctionnement interne de l’Ordre.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

oui au même titre que les autres professions libérales

Philippe Henkart

Cela n'existe-t-il pas ????

Lorsque je me suis posé la question de ma candidature , j’ai essayé de trouver un profil de fonction qui m’aurait éclairé sur tous ces points . Nous avons eu une présentation online bien claire mais qui ne déterminait toujours pas les contours exacts. Je me suis alors dit qu'il fallait parfois se lancer sans savoir et faire confiance au collectif. A peut être mettre au point ?

Roland Lemaen

Oui pour éviter les dérives éventuelles.

Boris Papeians

Cette charte doit tout d’abord être rédigée avant qu’une réponse ne fasse sens. Dans l’idée : oui. Quels sont alors les modalités de cette charte et qui vérifie qu’elle est respectée ? À définir. Il faut être transparent sur ces éléments pour comprendre d’où se positionnent les mandataires dans leur avis.

Béatrice Parré

Oui, avec une charte courte et opérationnelle. L’Ordre doit appliquer à ses mandataires les exigences qu’il défend : indépendance, disponibilité, collégialité et usage responsable des moyens. Concrètement : déclarer ses intérêts, se déporter en cas de conflit, respecter la confidentialité et rendre compte de son mandat, sans entraver la liberté du débat.

Vincent Pierret

Oui. Une charte claire protège autant l’institution que ses mandataires : indépendance, conflits d’intérêts, collégialité, disponibilité et utilisation des moyens. Ces règles doivent être connues de tous et appliquées avec cohérence.

Inês Reis

L’éthique des architectes, des mandataires et de l’Ordre est déjà encadrée par des lois, des règles déontologiques et de concurrence. Avant d’ajouter une charte, veillons à faire vivre les règles existantes. Si des lacunes précises ou des améliorations utiles sont identifiées, je serai naturellement à l’écoute.

7. Le stage

Considérez-vous le stage comme une période de travail ou comme une formation professionnelle complémentaire à l’enseignement académique ?

John Calff

Le stage doit surtout se justifier comme formation professionnelle complémentaire à l'enseignement académique. Cette démarche révèle la réalité mais rien ne l'exclut comme période de travail.

Antoine Chaudemanche

Je pense qu’il devrait se rapprocher de la HMONP ou du RIBA Part 3 et qu’une réforme du stage pourrait profiter d’un rapprochement avec les institutions académiques, d’un raccourcissement , d’une objectivation des attendus, d’une intégration à un cursus de formation continue. Le stage comme mode de compagnonnage est aussi séduisant qu’archaïque. Je n’aime pas le stage tel que pratiqué aujourd'hui.

Sébastien Coppens

À mon sens, le stage doit avant tout être considéré comme une période de travail, durant laquelle le jeune architecte apprend progressivement à exercer sa profession dans des conditions réelles. L’apprentissage ne s’arrête évidemment pas à la fin des études : nous continuons tous à apprendre quotidiennement par la pratique, les projets, les chantiers et les échanges avec les différents acteurs de la construction. Il me semblerait toutefois utile que l’Ordre entretienne un dialogue plus structuré avec les universités et écoles d’architecture afin d’examiner régulièrement l’adéquation des programmes avec les réalités de la profession, en particulier sur les aspects techniques. Sans remettre en cause la dimension académique et créative de l’enseignement, certains fondamentaux techniques devraient permettre aux jeunes architectes d’aborder leur stage avec un bagage plus directement exploitable : compréhension des principes constructifs, détails techniques, matériaux, étanchéité, coordination des techniques, pathologies du bâtiment et lecture concrète d’un chantier. Le stage pourrait ainsi rester ce qu’il doit être : une véritable expérience professionnelle, encadrée et formatrice, permettant de transformer les connaissances acquises durant les études en autonomie et en expérience de terrain.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

les 2 : le stagiaire apprend concrètement son métier et à gagner sa vie

Philippe Henkart

Je pense que l'entièreté de nos carrières n'est que de la formation professionnelle continue. La question me semble dater d'un autre siècle ....

Roland Lemaen

Le stage est à la fois une période de travail, car le stagiaire remplit beaucoup de tâches au sein d'un bureau, mais, en même temps, il apprend son métier sur le terrain.

Boris Papeians

Les deux. Un statut spécial est nécessaire pour les architectes stagiaires. Les jeunes architectes ne sont pas assez protégés des abus et des difficultés du statut d’indépendant. Un contrôle plus importants est nécessaire, ainsi qu’une rémunération partagée avec le financement public, comme dans d’autres formations professionnalisantes post MA.

Béatrice Parré

Les deux. Le stage est un travail rémunéré ET un parcours de formation. Le stagiaire crée de la valeur ; le maître de stage transmet le métier. Nous ne pouvons défendre de justes honoraires tout en sous-valorisant les jeunes, mais leur rémunération ne peut être dissociée de l’économie des bureaux. Mieux valoriser le stage suppose aussi de mieux valoriser la profession.

Vincent Pierret

Le stage est à la fois un travail et une formation professionnelle, une transition essentielle entre l’école et la pratique. Comme praticien et enseignant, ce lien me tient particulièrement à cœur. Le stage doit offrir un réel encadrement et un apprentissage diversifié, avec un statut et une rémunération justes.

Inês Reis

Le stage est les deux : une période de travail rémunérée et une formation professionnelle structurée. Il doit préparer à la responsabilité réelle du métier, avec un encadrement exigeant, des objectifs clairs, une transmission effective et une protection du stagiaire. Le stagiaire doit s’y engager pleinement ; le maître de stage a, lui aussi, la responsabilité de lui offrir un cadre clair, une transmission réelle et un accompagnement à la hauteur des enjeux.

8. Situation économique des architectes

Comment améliorer concrètement la situation économique des architectes : rémunération, protection sociale, accès au salariat et conditions de début de carrière ?

John Calff

Chacun a une trajectoire différente. Chaque architecte doit assumer son propre parcours sur le plan économique.

Antoine Chaudemanche

L'Ordre n'est pas un syndicat et ne doit pas le devenir. Il peut néanmoins rappeler, encore et toujours, que la qualité d'une mission dépend de sa juste rémunération, et appuyer les associations professionnelles qui portent ces revendications.

Sébastien Coppens

L’amélioration de la situation économique des architectes passe, selon moi, par une meilleure reconnaissance de leur travail, une rémunération juste et une maîtrise des charges liées à l’exercice de la profession. La question des assurances professionnelles mérite notamment une attention particulière. Depuis l’entrée en vigueur de la loi Peeters en 2018, l’obligation d’assurance décennale a été étendue aux autres intervenants de la construction. Pourtant, dans la pratique, nous constatons une augmentation du coût de nos assurances. Il me semblerait utile que l’Ordre analyse cette évolution et intervienne auprès du secteur des assurances afin de défendre des conditions plus cohérentes avec les risques et les responsabilités réellement assumés par les architectes. En matière d’honoraires, les outils permettant d’estimer objectivement le temps nécessaire à une mission constituent également une démarche intéressante. Ils contribuent à mieux faire comprendre et valoriser notre travail, sans remettre en cause la liberté de fixation des honoraires. Enfin, une attention particulière doit être portée aux jeunes architectes, notamment durant leur stage. Il me paraît essentiel de garantir une rémunération décente, mais aussi de veiller à ce que les honoraires des stagiaires soient effectivement payés dans les délais convenus. En pratique, ce n’est pas toujours le cas, alors que les jeunes architectes disposent souvent de peu de marge financière en début de carrière. L’accès au salariat devrait également être facilité, tout en préservant la possibilité d’exercer comme indépendant. La profession doit pouvoir offrir aux jeunes architectes des perspectives économiques viables dès le début de leur carrière.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

maintien du statut d'indépendant en début de carrière avec tarif minimum imposé (cf BCBW) et retour à la norme déontologique n°2 pour le restant de carrière.

Philippe Henkart

Il me semble qu'il faudrait pour cela un Ordre fort qui comme celui des Médecins ou Avocats FÉDÈRE TOUTE la profession et la protège. Ce n'est qu'unis que nous pourrons avancer.

Roland Lemaen

Réinstaurer le barême obligatoire, car il y a actuellement une cacophonie dans le calcul des honoraires, ce qui crée une discrimination parmi les architectes qui réclame des honoraires corrects.

Boris Papeians

En les formants à être des indépendants et des gestionnaires d’entreprises, pour commencer. La désillusion est grande en sortant des études (et même plus tard). En établissant une proposition de conventionnement des architectes, comme chez les médecins. Cette formule serait basée sur des prestations minimales légales. Le conventionnement serait non-obligatoire.

Béatrice Parré

Trois leviers : OBJECTIVER par une comparaison Belgique-Europe des revenus, charges, missions et responsabilités ; REDÉFINIR le socle de la mission et distinguer clairement les prestations complémentaires ; DÉFENDRE la valeur du métier face aux prestations gratuites, à la concurrence par le prix et aux responsabilités disproportionnées.

Vincent Pierret

Il faut d’abord défendre la valeur de notre travail. La concurrence systématique par les honoraires fragilise la profession. Favorisons une juste rémunération, des concours rémunérés fondés sur la qualité, ainsi qu’une réflexion sur les statuts et la protection sociale, particulièrement en début de carrière.

Inês Reis

Il faut mieux définir et valoriser les missions, lutter contre les honoraires insuffisants et les concours non rémunérés, clarifier les responsabilités et faciliter des statuts professionnels sécurisants.

9. Écoute des architectes

Comment éviter une fracture entre l’Ordre et les architectes de terrain ? Quels mécanismes simples faudrait-il mettre en place pour mieux connaître leurs difficultés quotidiennes, les consulter régulièrement et leur rendre compte des suites données ?

John Calff

L'Ordre ne m'apparait pas en rupture avec la profession d'architecte sous quelle que forme que ce soit, ni avec "les architectes de terrain". Les multiples moyens pour communiquer avec les membres existent et sont d'ailleurs appliqués abondamment.

Antoine Chaudemanche

Pas sûr que ce soit simple, mais certain que c’est le cœur de nos préoccupations. Je vois l’Ordre communiquer beaucoup : site internet, réseaux sociaux, publications mensuelles papier, et pourtant nous ne nous sentons, je crois, pas impliqués et écoutés. Simplement je dirais qu’il faut renverser le mode de communication aussi pour avoir plus de « retours terrain ».

Sébastien Coppens

Pour éviter une fracture entre l’Ordre et les architectes de terrain, il me paraît essentiel de mettre en place des mécanismes de consultation simples, réguliers et peu chronophages. Sur les sujets importants, notamment lorsque l’Ordre souhaite prendre position ou intervenir auprès des pouvoirs publics, des questionnaires en ligne courts pourraient permettre de recueillir rapidement l’avis des architectes, leurs difficultés concrètes et leur retour d’expérience. Des réunions ou échanges en visioconférence pourraient également être organisés ponctuellement. Ils permettent de réunir facilement des confrères provenant de différentes zones géographiques, sans leur imposer les contraintes d’un déplacement ou d’une réunion en présentiel. Les outils numériques permettent aujourd’hui de consulter beaucoup plus facilement la profession. L’enjeu est donc de les utiliser pour faire remonter la réalité du terrain sans demander aux architectes d’y consacrer un temps excessif. Mais la consultation n’a de sens que si elle est suivie d’un retour. Il est important que l’Ordre puisse ensuite expliquer simplement ce qui ressort des consultations, quelles positions ont été retenues et quelles démarches ont été entreprises. L’objectif doit être de créer un dialogue continu entre l’Ordre et les architectes, afin que les positions défendues par l’institution reposent réellement sur l’expérience quotidienne de la profession.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

donner à l'OA un statut de "syndicat" au même titre que les médecins et les avocats

Philippe Henkart

Je pense que le représentativité de toutes les formes du métier d'architecte au sein de l'Ordre permettrait à celui-ci de ne plus être hors sol. Cela rejoint la transparence que doit revêtir l’Ordre pour ne plus etre cet espèce de cénacle secret inconnu de ses membres.

Roland Lemaen

Des consultations ou des réunions en ligne mensuelles, pour débattre des difficultés que rencontre les architectes et avoir un échange direct avec l'Ordre.

Boris Papeians

Les mandataires sont des architectes de terrains. Ils sont là pour relayer les difficultés qu’ils rencontrent. Des outils et plateforme ont été mis en place pour répondre aux demandes des architectes faisant face à des difficultés. Il faut évaluer l’efficacité de ces outils et les adapter pour accroitre l’échange.

Béatrice Parré

Trois outils simples : un baromètre semestriel, un canal permanent de remontée des difficultés et un retour systématique sur les suites données. L’objectif n’est pas de consulter davantage, mais de transformer les problèmes individuels en données collectives permettant à l’Ordre d’agir, de négocier et de rendre compte des résultats.

Vincent Pierret

L’Ordre doit aller vers les architectes, et pas seulement l’inverse : consultations régulières, dialogue avec les associations et l’enseignement, enquêtes courtes sur les difficultés du terrain et, surtout, retour transparent sur les actions entreprises à la suite de ces consultations.

Inês Reis

Reconnaître et valoriser leur participation pécuniaire annuelle par des actions concrètes (gestion de contrat, exemple de contrat, soutien juridique et d'assurances, accompagnement et soutien face aux clients,...). Par ailleurs, il serait intéressant d'organiser des conférences, des questionnaires réguliers, etc.

10. Rôle sociétal et environnemental de l’Ordre

L’Ordre doit-il jouer un rôle dans la défense de la qualité du cadre de vie, de l’environnement et des intérêts des générations futures ?

John Calff

Il s'agit d'une nécessité absolue dont l'Ordre doit avoir conscience, comme à l'égal de ses membres.

Antoine Chaudemanche

C’est le rôle essentiel des architectes, et l’Ordre soutient et défend le titre d’architecte et donc les architectes dans le rôle de fabrication d’un cadre de vie d’intérêt général et public. C'est dans cet hierarchie/ordre qu'il faut procéder.

Sébastien Coppens

Oui. La qualité du cadre de vie, l’environnement et la prise en compte des générations futures sont au cœur même du métier d’architecte. Il existe déjà de nombreuses réglementations en la matière, et de nouvelles exigences continueront à se développer. L’enjeu n’est donc pas nécessairement d’ajouter davantage de règles, mais de veiller à leur cohérence, à leur lisibilité et à leur applicabilité. Dans la pratique, certaines prescriptions peuvent se superposer, se contredire ou laisser une place importante à des interprétations variables selon les administrations. Cela peut créer de l’incertitude et rendre plus difficile la mise en œuvre de projets pourtant soucieux de qualité architecturale et environnementale. L’Ordre devrait dès lors pouvoir jouer un rôle actif pour faire remonter l’expérience des architectes de terrain, défendre davantage de transparence et de cohérence dans les réglementations, et contribuer à l’élaboration de règles claires, compréhensibles et réellement applicables. Défendre le cadre de vie, l’environnement et les générations futures passe aussi, selon moi, par un cadre réglementaire suffisamment stable et cohérent pour permettre aux architectes de concevoir et de réaliser des projets de qualité.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

oui & donner à l'OA son mot à dire entre-autres, quant au PEB (pas du tout au point actuellement)

Philippe Henkart

Les architecets ont une mission d'ordre public qui ne doit pas se limiter à faire respecter des règles, mais aussi de faire profiter au politique toute notre expérience et notre vision humaniste .

Roland Lemaen

Cela me parait important, car actuellement, ce sont les Communes qui imposent leur vision de l'environnement et de la qualité du cadre de vie.

Boris Papeians

Oui, l’Ordre doit se positionner en ce sens. La construction est un des secteurs les plus polluants. L’Ordre n’a pas le pouvoir de contraindre la profession, mais il peut s’inscrire dans une dynamique. Il l’a d’ailleurs fait avec par le biais de la charte sur le climat, diffusée en janvier 2025 dans sa newsletter. L’architecture est un acte culturel, social et environnemental. L’Ordre a donc, en défendant la profession, un rôle à jouer dans ces aspects.

Béatrice Parré

Oui, mais dans son rôle. L’Ordre doit défendre les conditions permettant aux architectes de produire un cadre de vie de qualité conciliant usages, patrimoine, environnement et économie. Il ne doit pas devenir un acteur environnemental supplémentaire. Et toute nouvelle exigence imposée à l’architecte doit être clairement définie, reconnue et rémunérée.

Vincent Pierret

Oui. Défendre l’architecture, c’est aussi défendre la qualité de notre cadre de vie. L’Ordre doit soutenir la qualité architecturale et environnementale et dialoguer avec ceux qui la font vivre : BMA, associations professionnelles et culturelles, enseignement, revue A+ et AriB notamment.

Inês Reis

Oui, dans le cadre de sa mission. L’Ordre doit défendre le rôle de l’architecte dans la qualité du cadre de vie, la rénovation responsable, la sobriété des ressource.

11. Conditions d’exercice de la profession

Quelles mesures vous paraissent prioritaires pour améliorer les conditions d’exercice : responsabilités, marchés publics, simplification des réglementations, … ?

John Calff

Devant la multiplicité des règlements, des techniques en constante évolution, des incidences juridiques et complexes qui lui sont soumis, l'architecte est forcé de se faire assister par des Consultants (Ingénieurs, Certificateurs PEB, Coordinateurs, Bureaux d'études diverses). La responsabilité professionnelle de l'architecte, qui d'ailleurs est systématiquement citée lors de litiges, devrait prendre compte d'un plus juste partage.

Antoine Chaudemanche

J’ai beaucoup suivi la mise en place de la directive ‘public procurement act’ qui arrive au parlement européen, et bientôt en Belgique donc. Il faut rester vigilant, c’est déjà une dégradation il me semble par rapport aux objectifs initiaux. Mais donc par ordre de priorité : défense de la rémunération, qualité dans les marchés publics, clarification des responsabilités, travail sur les réglementations.

Sébastien Coppens

Une priorité me paraît être d’améliorer la cohérence entre les différentes réglementations auxquelles les architectes sont confrontés. Leur multiplication, leur évolution constante et parfois leur manque d’articulation rendent l’exercice de la profession inutilement complexe. Il faut également améliorer l’utilisation des outils numériques par les administrations. La digitalisation devrait réellement simplifier les procédures, faciliter les échanges et permettre un accès rapide et structuré aux informations utiles, plutôt que simplement transposer des procédures administratives existantes dans un environnement numérique. L’accessibilité à l’information réglementaire, normative et technique constitue également, à mes yeux, une priorité. Les architectes doivent pouvoir identifier facilement les règles applicables à un projet et accéder rapidement aux normes, réglementations et documentations techniques nécessaires. Aujourd’hui encore, certaines informations sont dispersées, difficiles à retrouver ou accessibles uniquement via des abonnements payants. L’Ordre pourrait jouer un rôle beaucoup plus actif dans ce domaine, notamment en centralisant les ressources utiles, en négociant des accès collectifs à certaines normes ou documentations techniques et en développant des partenariats avec les organismes spécialisés. L’évolution des outils numériques et de l’intelligence artificielle offre également de nouvelles possibilités. Le secteur de la construction développe déjà des outils mutualisés donnant aux professionnels un accès plus simple à l’information technique et réglementaire. Il serait intéressant d’étudier comment les architectes pourraient bénéficier de démarches similaires, adaptées aux spécificités de leur profession. Faciliter l’accès à une information fiable et rapidement exploitable permettrait de faire gagner un temps considérable aux architectes, de réduire les risques d’erreur et surtout de leur permettre de consacrer davantage de temps à leur véritable métier : concevoir, coordonner et réaliser des projets de qualité.

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

donner moins de pouvoir aux administration, limiter la responsabilité de l'architecte à son entreprise (suppression de la responsabilité personnelle)

Philippe Henkart

La simplification et l'uniformisation administrative pourrait nous permettre de nous recentrer sur l’essence et la base de notre beau métier : qui sur la création ou sur l’humain , qui sur la mise en œuvre et le chantier.

Roland Lemaen

Revoir les responsabilités qui pèsent sur les architectes, car elles sont de plus en plus lourdes et simplifier les règlementations.

Boris Papeians

Mieux canevasser les limites des missions, avec des taux minimums pour certaines parties de mission et un système de conventionnement pour aider à une tarification plus juste. Simplifier la règlementation et la responsabilité des architectes. Pousser à un refinancement des organes de l’administration pour un meilleur traitement des procédures de permis. Séparer les types de permis par catégories.

Béatrice Parré

Trois priorités : 1) mieux répartir les responsabilités entre les intervenants ; 2) revoir les marchés publics pour privilégier la qualité et rémunérer les prestations demandées ; 3) simplifier, avec les administrations, les procédures inutiles ou disproportionnées. L’objectif : redonner du temps à la conception et remettre en cohérence missions, responsabilités et rémunération.

Vincent Pierret

Priorités : défendre une rémunération juste, mieux répartir les responsabilités entre acteurs, promouvoir des marchés publics et concours privilégiant la qualité et simplifier et harmoniser les procédures urbanistiques, notamment entre communes, afin de réduire délais et contradictions.

Inês Reis

Priorité à la clarification des missions et des responsabilités, à des procédures plus simples et cohérentes, à des marchés publics proportionnés et à une meilleure sécurité juridique. L’architecte doit pouvoir consacrer davantage de temps au projet et moins à absorber des risques mal répartis.

Deux questions aux nouveaux candidats

N1. Motivation

Pourquoi souhaitez-vous rejoindre le Conseil de l’Ordre et qu’espérez-vous y apporter ?

John Calff

Ayant passé l'âge de 65 ans et étant encore en action professionnelle, les acquis d'une longue carrière m'autorisent de faire valoir des faits vécus et les mécanismes par lesquels des situations complexes ont été surmontées. C'est aussi par mon vécu comme Co-Curateur qu'une vision complémentaire peut être exprimée sur le plan économique. Voici les raisons pour lesquelles je propose ma candidature, assortie dès lors d'une aide possible aux Confrères.

Antoine Chaudemanche

Une capacité d’écoute j’espère, puis une expérience sur la pratique quotidienne des marchés publics en Belgique, en France et en Europe, et l'expérience des jury et la MIQCP sur la qualité de la commande publique.

Sébastien Coppens

Je souhaite rejoindre le Conseil de l’Ordre parce que mon parcours m’a permis d’exercer dans des contextes très variés, sur des projets publics et privés, de tailles différentes, et dans les trois Régions du pays. Cette expérience m’a donné une vision assez transversale de la profession et des difficultés auxquelles les architectes sont confrontés au quotidien : complexité administrative, multiplication des intervenants, différences de pratiques entre administrations et manque de cohérence entre certaines exigences. J’aimerais apporter au Conseil cette expérience de terrain, mais aussi une approche pragmatique et orientée vers les solutions. Je suis convaincu que l’Ordre peut jouer un rôle plus utile encore pour rapprocher la pratique quotidienne des architectes des décisions réglementaires et administratives qui encadrent notre métier.

Philippe Henkart

Mise à dispostion de mon expérience/temps au profit du collectif. Un œil neuf qui permettrait de voir ce qui peut/doit évoluer

Roland Lemaen

Contribuer à des échanges constructifs entre l'Ordre, les architectes et l'Administration.

Boris Papeians

Car râler dans son coin ne fait jamais avancer les choses. Il faut être acteur du changement que l’on souhaite voir exister. Une vision plus jeune et engagée. Faire partie des architectes qui n’ont pas encore tout vu et une envie de comprendre le système et le faire évoluer.

Béatrice Parré

Je souhaite mettre au service de l’Ordre un parcours construit à la croisée de l’architecture, de l’urbanisme, de la décision publique et de l’immobilier. J’en ai appris à comprendre les logiques de chacun, faire dialoguer des intérêts différents et négocier pour obtenir des résultats. Je veux apporter cette expérience pour renforcer la place et la capacité d’action des architectes.

Vincent Pierret

Pour faire bouger les choses, avec une approche constructive et pragmatique. Ma pratique chez LPPA, mon enseignement à l’ULB–La Cambre Horta, mon mandat de représentant du corps scientifique et mon engagement à l’AriB me donnent des regards complémentaires que je souhaite mettre au service de la profession.

Inês Reis

Je souhaite apporter au Conseil une expérience de terrain et le regard d’une architecte indépendante. Je veux contribuer à un Ordre accessible et utile : attentif aux réalités quotidiennes, rigoureux dans la gestion de ses moyens et concret dans ses services.

N2. Première priorité

Quelle est la première chose que vous souhaiteriez faire évoluer si vous êtes élu ?

John Calff

La consolidation d'une cellule existante pouvant toujours mieux répondre aux problèmes posés par la pratique professionnelle.

Antoine Chaudemanche

Ouvrir (poursuivre?) des dialogues structurés avec les universités, les associations professionnelles, les maîtres d'ouvrage publics (les PO), en s'appuyant sur les bonnes pratiques comme le BMa, Bouwmeester, CAUE, Incubateurs Échelle 1, Planungswettbewerbe … l'Europe est un terrain d'inspiration.

Sébastien Coppens

Je souhaiterais renforcer la présence de l’Ordre en amont des évolutions réglementaires et administratives qui ont un impact direct sur le travail quotidien des architectes. Lorsqu’une Région développe une nouvelle procédure, un nouveau formulaire ou une plateforme numérique, les architectes devraient être associés dès la phase de conception. Il me paraît également essentiel de tirer parti des expériences déjà acquises dans les autres Régions ou à l’étranger, plutôt que de réinventer systématiquement des outils similaires. L’Ordre pourrait organiser rapidement cette consultation auprès des architectes de terrain, comparer les pratiques existantes, identifier ce qui fonctionne réellement et porter ensuite une position structurée auprès des administrations. L’objectif serait très concret : éviter de découvrir les difficultés une fois l’outil mis en service et contribuer, dès le départ, à des procédures plus simples, cohérentes et efficaces.

Philippe Henkart

La transparence

Roland Lemaen

Promouvoir plus de dialogue entre l'Ordre, les architectes et les associations professionnelles.

Boris Papeians

Le statut des stagiaires et le système de formation de ceux-ci.

Béatrice Parré

Ma priorité : mieux défendre la valeur et les conditions d’exercice de notre métier. Les architectes demandent d’abord une juste valorisation de leur travail, moins de complexité administrative et des responsabilités mieux équilibrées. Je veux objectiver ces difficultés, fédérer la profession autour de priorités claires et négocier des solutions concrètes avec les acteurs concernés.

Vincent Pierret

Rapprocher l’Ordre des architectes : écouter leurs difficultés concrètes, identifier quelques actions réalisables rapidement et rendre compte des résultats. Un Ordre qui écoute, agit et explique ce qu’il fait sera plus utile et renforcera la confiance des architectes.

Inês Reis

Je voudrais engager la mise en place d’un service juridique indépendant, accessible à tous les architectes, quelle que soit leur assurance. Face à la complexité croissante des règles et des responsabilités, un conseil fiable et équitable est un besoin immédiat.

Trois questions aux mandataires sortants

Un seul candidat se représentait parmi ceux qui ont répondu.

S1. Bilan

Quelle réforme ou évolution importante avez-vous contribué à faire avancer durant votre mandat ? Quel dossier n’a pas suffisamment progressé et pourquoi ?

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

la réforme du stage avec les équipes des suppléants du BCBW de 2017 à 2023 au sein de la Commission de stage mais elle n'a pas aboutie à la fin de mon mandat...

S2. Continuité

Parmi les priorités que vous défendez aujourd’hui, lesquelles défendiez-vous déjà durant votre mandat et qu’avez-vous concrètement fait pour les faire avancer ?

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

la même qu'en S.1 : nous nous sommes beaucoup réunis et dialogué avec les autres conseils (avec la Flandre à titre personnel) pour faire avancer ce dossier

S3. Audit et responsabilité

Quelles suites ont, selon vous, été réellement données aux constats de l’audit KPMG, et que reste-t-il encore à corriger ?

Jean-Louis de Schaetzen van Brienen

je n'en sais rien car je ne suis pas au courant de cette audit

Source

Les réponses brutes, le fichier de chaque candidat et la compilation complète sont disponibles dans le dossier partagé des élections ordinales 2026.

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